Guillemette Loyez - Fondatrice de Guillenet Solutions

Connecting people 


Experte en personal branding, passionnée par le coworking, Guillemette Loyez aide les individus et les entreprises dans la création et l’évolution de leur identité digitale. 

Storyt’elles a rencontré cette shiva des réseaux. Son sourire plisse ses yeux rieurs et hausse ses pommettes slaves. Sa bien- veillance en pack de douze recèle des bulles d’intelligences. Intelligences au pluriel car cette business woman a des outils dans sa besace de randonneuse. A la fois littéraire et technicienne, pari- sienne et provinciale, indépendante et ultra sociable, cartésienne et créatrice. Autant d’apparents paradoxes dont elle opère la synthèse avec une facilité et une grâce déconcertante.

 Parisienne nourrie au care Guillemette nait dans la plus belle ville du monde. De sa maman secrétaire médicale dans un hôpital près de la Bastille, elle hérite du souci d’aider les autres. Son père ingénieur lui transmet son esprit d’entreprise et la quête pa- tiente de solutions. Entomologiste par passion, il lui lègue également l’amour de la nature, des expéditions roma- nesques et... du classement ! «Nous passions chaque vacances à
la recherche du papillon rare. Je me souviens notamment d’étés à marcher, marcher encore... Aujourd’hui, cette quête apparait pleine de charmes mais à l’adolescence, ça m’ennuyait profon- dément !»
lâche-t-elle avec malice.
Pour autant, Guillemette s’est adaptée depuis à de nombreux écosystèmes. De cette enfance à arpenter la France et la Navarre, elle retire une grande débrouil- lardise, le goût du sport et des randon- nées ; et une insatiable curiosité. Lettres et l’avoir Sa scolarité s’écoule tranquillement sans vocation spécifique. Epingler les insectes pourquoi pas mais elle, ne goûte guère les étiquettes... «Je n’ai jamais apprécié être définie par un métier, comme on le fait souvent en France. Nous sommes définis par ce que l’on est, pas uniquement par son travail !» estime-t-elle. Après le bac, littérature à La Sorbonne. «Ces lieux étaient magiques mais la fac n’était pas pour moi». Elle conserve cependant de bons souvenirs des cours de latin - «idéal pour la rigueur et l’histoire de la langue» - et d’un travail shakespearien sur le «Songe d’une nuit d’été». Ne voyant pas où la mènent les lettres, ayant besoin d’une voie concrète, Guillemette quitte les bancs sorbon- niens pour un DUT Documentaliste d’entreprise ; où enfin elle «s’éclate». «Le plus génial c’était la gestion des bases de données qui touchait plein
de domaines. J’ai tout de suite adoré l’orchestration physique des données, adhérant complètement à la vision mo- dulaire et la vision d’ensemble. Et nous étions dix fois moins nombreux et avec un cadre. Juste ce qu’il me fallait !
» 

Connexions techniques, connexions humaines
Son DUT en poche, stage à Météo France où elle s’immerge dans la photothèque : «un véritable voyage dans l’espace»... Guillemette enchaîne ensuite CDD et missions. «Avec cette même passion envers les enjeux de l’accès, du partage et de l’interpréta- tion de l’information». Pour la langue anglaise, apprendre encore et voir du pays, elle suit un cycle en Docu- mentation et Marketing à Newcastle. Expérience fructueuse : en sortie de cursus, Guillemette a le choix entre plusieurs jobs ! Elle sélectionne le CNES (Centre national d’études spatiales) - encore un lien avec l’espace - avant de rejoindre une entreprise lyonnaise où elle s’installe pendant 4 ans. Retour à Paris en 2007 où elle met ses talents au service d’Ariston Thermo Group, leader européen en chauffage-sani- taire. Chef de projet web, elle accède à de nombreux projets liés à la stratégie commerciale et digitale du Groupe. Ultra adaptable, douée pour faire exprimer les besoins, elle jongle alors avec les problématiques, les fonctions et les logiciels. « Je me sens à ma place dans ma vie : mixer mon intuition, mon éthique et mes compétences pour créer des communautés et les animer. » 
La cause des femmes Confrontée au «plafond de verre» et la difficulté partagée par beaucoup de femmes d’équilibrer vie professionnelle et personnelle, Guillemette quitte Paris avec son mari et ses deux enfants
pour le vert de Mennecy (91), s’installe un vaste bureau indépendant de sa maison et fonde Guillenet Solutions en 2012. Objet : accompagner, conseiller et former les entrepreneur/es dans leur stratégie digitale. Je ne me suis pas dit un jour «je vais entreprendre» ;
me suis demandée «comment voir mes enfants grandir en faisant ce que j’aime : mettre mes compétences au service des autres.» 

Parmi ses premiers clients : une entreprise chez qui elle postule, mais dont elle décline finalement la proposition ; et qui finit par la rappeler : ne trouvant pas de talent équivalent, ils la la missionnent en télétravail. Voilà qui fait plaisir et lui donne une autre idée : accueillir dans son bureau si chaleureux, ponctué de son identité visuelle tonique, des coworkers qui, comme elle, ont besoin de se décloisonner. La réussite est au rendez-vous. Mais Guillemette ne se satisfait pas d’un succès égocentré.
Elle veut aider les femmes à réussir ; intègre donc différents réseaux dont les dynamiques Mampreneurs esson- niennes puis créée en 2015 l’associa- tion «Elles réussissent». Association qu’elle préside durant un an aux côtés de trois autres entrepreneures ancrées dans le tissu local. Première action d’envergure avec ce salon du 8 mars 2016, organisé à Soisy-sur-Seine lors de la journée de la femme ; et qui reçoit un formidable accueil
des visiteuses, des exposantes, de la presse et des élus. «Pourquoi les femmes ?», lui demande-t-on souvent. «Car dès qu’elles deviennent maman - notamment - elles sont confrontées à des problèmes de choix inconnus des hommes ; ou des discours culpa- bilisateurs type «Tiens, tu prends ton après-midi ?» quand elles quittent leur job à 17h pour aller chercher les enfants à l’école. Ce n’est pas accep- tableNouveaux horizons Guillemette, comme les chats, a plusieurs vies. Depuis mai 2016, elle a effectivement quitté l’Essonne pour aller plus au sud encore, direction le Beaujolais vert, une région qu’elle ar- pentait au début de sa vie profession- nelle en allant y courir des trails. Son nouveau titre : Couteau suisse !

Sa mission : animer - du café au réseautage en passant par la mise à disposition d’espaces - La Cordée, espace partagé qui vient d’ouvrir ses portes à Lamure-sur-Azergues. Les chanceux qui la fréquentent, dans ce refuge de 700 entrepreneurs, vont pro- fiter de son expérience, sa joie de vivre, son enthousiasme et son incontestable leadership. Indépendante dans l’âme, elle continue cependant de développer son propre business. Sa raison d’être : «connecting people et building com- munity». «Il n’y a que l’anglais pour décrire certains métiers», explique- t-elle. Son idée : être ambassadrice, utiliser les réseaux pour faire connaitre et réussir les entreprises. Quand on sait que Guillemette vient du germain will, «volonté», et helm, «protection», on comprend ce parcours fort de cohé- rences. 

Hasard ou évidence ? Comme elle le dit elle-même, citant Eluard, «il n’y a pas de hasard, il y a des rendez-vous».  

“Je ne me suis pas dit : je vais entreprendre. Mais plutôt : comment voir mes enfants grandir en faisant ce que j’aime : mettre mes compétences au service des autres ? « 

Portrait réalisé en juin 2016 pour le compte de Elles réunissent en Essonne.

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